On a testé pour vous : L’Écomusée du Haut-Beaujolais
Non, cette fois, on ne va pas vous parler d’écologie, mais d’économie.
Quand on parle de textile chez nous, on pense immédiatement à la soie lyonnaise, aux canuts, et aux métiers à tisser de la Croix-Rousse. Mais à quelques dizaines de kilomètres de là, dans les vallées du Haut-Beaujolais, une autre histoire textile s’écrivait.
Ici, pas de soieries : on tissait notamment du coton, du Vichy, de la mousseline de Tarare, du lin, puis des couvertures et des molletons.
Une vraie manufacture au cœur du Haut-Beaujolais

Direction la Manufacture, à Thizy-les-Bourgs, dans le Beaujolais Vert. Ici, on est dans une véritable usine.
Pendant plus d’un siècle, on y a fabriqué des couvertures et des molletons. L'usine a ouvert en 1880 et a fermé ses portes en 1981. On achetait ses produits notamment sous la marque Le Chameau. Aujourd'hui c'est un musée.
Autant dire que lorsque l’on arrive ici, on ne vient pas simplement voir une exposition sur le textile : on entre dans un lieu qui en a réellement été un acteur. Et c’est ce qui est particulièrement intéressant dans cette visite.
La visite commence dès l’arrivée : l’extérieur

1 - Le bâtiment d’abord
Avant même de parler de textile, il y a le lieu.
La Manufacture n’a rien d’un musée construit pour raconter une histoire industrielle : c’est une ancienne manufacture elle-même. Ses bâtiments, ses volumes et son organisation témoignent encore de l’époque où des ouvriers y travaillaient chaque jour.
Le bâtiment fait partie de l’histoire, mais aussi des premières découvertes que l’on vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même.
2 - Les « allées » ensuite
Le musée commence dès l’extérieur, mais on vous laisse ces surprises.
L’accueil : avant de commencer
On passe par l’accueil, le règlement et quelques explications avant de débuter véritablement la visite. On a été très bien renseignés, n’hésitez pas à demander.
Ensuite, on y va « seul » et on se débrouille, mais tout est fait pour qu’on y arrive parfaitement bien alors pas d'inquiétude.
Et en 2026, les femmes sont à l’honneur

On entre et on file directement sur l’exposition temporaire de 2026 : « Femmes à l’ouvrage – Entre gestes et regards artistiques ».
En 2026, le Musée d'Orsay s'invite à l’Écomusée et présente cette exposition consacrée aux femmes.
Notre regard ? Quand on y est allé, on était persuadé que c’était la place des femmes dans l’usine aux XIXe et XXe siècles.
Pas du tout ! L’exposition concerne l place des femmes dans le travail mais très axé condition féminine au fil des siècles. Et avec les yeux de quelqu’un de 2026, ça fait un vrai choc. Rien que pour ça, ça vaut le coup.
L’exposition est visible jusqu’au 20 décembre 2026.
L’héritage textile

La visite se poursuit avec l’histoire de cette activité et de son implantation dans le Haut-Beaujolais. Et là, un petit émerveillement : les « méthodes pédagogiques » sont variées : vitrines bien sûr, mais aussi vidéos, sons (beaucoup de machines sont équipées pour nous faire vivre la « vraie vie »), et même un peu de 3D. Nous, on adore ça.
On découvre donc la place du Haut-Beaujolais (ou Beaujolais Vert) dans la région, comment le textile s’est développé ici, les entreprises qui ont fait vivre cette industrie et les différents métiers qui existaient autour de la fabrication.
On apprend l’histoire des paysans-tisseurs qui, en plus des champs, tissaient pour faire rentrer un peu d’argent. On apprend l’industrialisation du processus avec la création des usines où certains de ces paysans-tisseurs ont travaillé avant de redevenir autonomes dans leurs « cabines ».
On y voit quelques métiers à tisser présents dans ces cabines.

L’usine : les machines en plus grand

Et là, on passe aux choses en grand : l’usine. Une salle lui a été réservée, presque deux, mais on en parle aussi dans la première.
Là, on sent une organisation du musée qui a déjà été une usine : on rentre par le vestiaire, puis on passe par la pointeuse !
Et après, on entre au royaume des métiers à tisser qui ne sont pas tous des métiers à tisser, d’ailleurs. On voit les machines placées dans l’ordre de la fabrication d’une couverture. Il y a une méthode Jacquard, une effilocheuse, etc. On apprend presque comment faire une couverture !
La plus grande fait 17 m. Il y a même un métier à tisser les serpillières (on apprend d’ailleurs que l’usine Thion, à Cours, en était le 2e producteur européen en 2024).

La vie de la Manufacture

Derrière les machines, il y a aussi les personnes, l’entreprise et les produits.
La visite permet de comprendre la vie de la Manufacture, ceux qui y travaillaient, l’organisation de l’entreprise et ce qui était fabriqué.

Retour à l’accueil
La visite se termine par un retour à l’accueil, avant de quitter la Manufacture. Il y a une petite boutique de produits de la région, en tissu, alimentaires ou librairie, etc.
Une couverture griffée « La Manufacture » pour les soirées d’hiver sur le canapé à 18 €, c’est raisonnable (fabrication locale, bien sûr).
Et pour 2027 ?
Pour le moment, nous n’avons pas encore trouvé de programmation officielle permettant de vous annoncer la prochaine exposition annuelle. Mais il se dit dans les couloirs de la Manufacture que le thème pourrait être le repas. Affaire à suivre et à déguster, on l’espère.
Le réconfort après la journée de travail
Une journée de travail à la Manufacture, ça devait certainement creuser un peu ! Alors, lorsque la sonnerie de fin de journée retentit, il est temps de quitter les ateliers et de penser au goûter.
À l’époque, les ouvriers ne pouvaient évidemment pas compter sur l’Epicerie-Beaujolaise pour remplir leur panier. Aujourd’hui, c’est une autre histoire !
Terrines et saucissons fabriqués à 15 km, jus de fruits à 13, et quelques douceurs à partager : de quoi terminer la visite tranquillement et continuer à découvrir le territoire… cette fois avec les papilles.
Et ça tombe bien, tout ce qu’il faut pour improviser ce petit moment gourmand est à retrouver à l’Epicerie-Beaujolaise.
Infos pratiques utiles
Écomusée du Haut-Beaujolais – La Manufacture - Thizy-les-Bourgs
Parking : presque à l’entrée de la voie nommée « Aux Pierres Plantées » dans Maps – on ne voit pas encore le parking en satellite, mais on le devine en Street View.
Entrée adulte : 7 €Tarif réduit : 4,50 € - Gratuit jusqu’à 10 ans inclus.
Les horaires varient selon la période. En septembre 2026, le musée est ouvert du mercredi au lundi, de 10h30 à 18h, et fermé le mardi. Renseignez-vous avant d’y aller. Pour info, ils sont très bien indiqués sur leur site.
Et surtout, prévoyez du temps pour : ça nous a pris 2 heures en allant "vite", comptez en 3.
4 si vous êtes de grands fans de machines industrielles et/ou d’histoire.
Un dernier avis avant de se quitter : parce que c’est géré par des gens qui connaissent leur sujet, parce qu’il y a une touche de moderne dans l’expérience visiteur, parce qu'il y a une ambiance presque intimiste qui permet l'immersion, et parce que ça a un léger côté URBEX, allez-y !



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